« Lulu » de Berg au Grand Théâtre de Genève : les inévitables transgressions d’Olivier Py

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jacques-allaman.jpgLe monde lyrique inquiète et fascine. Sans doute parce que l’opéra est ce lieu improbable où la musique et le théâtre fusionnent pour le meilleur et pour le pire. Objet de tous les excès, de toutes les outrances, mais aussi de tous les conservatismes, l’opéra est une formidable machine à rêver et à fantasmer, un terrain d’exploration et d’expérimentation sans équivalent pour des metteurs en scène de la trempe d’Olivier Py.

Irrésistiblement attiré par les univers troubles et équivoques, le dramaturge français ne pouvait qu’offrir une lecture décapante de la partition d’Alban Berg. Inaccessible objet de convoitise, « Lulu » n’incarne-t-elle pas l’ambiguïté de la sexualité ? Erotisme, concupiscence et déchéance sont au cœur d’un chef-d’oeuvre où le sublime le dispute au sordide. Alors, qu’importe si, pour la deuxième fois de son histoire, le Grand Théâtre de Genève se croit obligé de frapper d’un logo rouge une scène érotique projetée au troisième acte ! On se souvient qu’en 2005, le « Tannhäuser » du même Olivier Py avait subi un traitement analogue pour la participation d’un comédien venu du porno, en érection sur la scène.

Empreinte de philosophie et de métaphysique, l’imagerie sexuelle qu’utilise Olivier Py dans ses spectacles ne doit plus faire polémique. Car l’opéra est par définition une affaire de transgression. A travers la musique, les passions secrètes, les voluptés refoulées, les désirs sublimés prennent vie et s’incarnent. A cet égard, la mise en garde du Grand Théâtre est superflue. C’est un peu comme si la grande institution lyrique genevoise nous disait :  « Attention, ceci est un opéra ! »

Jacques Allaman

Le prix du frisson

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Chrystel Domenjoz

Un homme, assis devant une bière, la cigarette dans une main, un hamburger dans l’autre: voilà l’image même du comportement irresponsable aux yeux de maints politiciens.

Ils calculent déjà ce que coûtera à la société ce poumon enfumé, ces artères bouchées, ce foie cirrhosé.

Les tenants de l’hygiénisme actuel, sans doute taraudés par une lancinante peur de la mort, pointent un doigt accusateur sur les comportements à risques: trop boire, fumer, manger gras. La responsabilité envers soi-même et la société impose une hygiène de vie irréprochable.

Et si l’irresponsabilité revêtait aussi des atours sportifs?

Ceux qui jouent à se faire peur en se jetant d’une falaise sur les hauts de Lauterbrunnen, ceux qui recherchent le frisson en défiant les pentes enneigées et vierges de Verbier n’ont pas un comportement beaucoup moins insensé que les fumeurs invétérés.

Ces casse-cous mettent leur vie en danger… et parfois aussi, accessoirement, celle des autres, quand la pratique du hors piste déclenche des avalanches. Et tout ceci au nom du culte égoïste du frisson.

Ces agissements intrépides ont aussi un coût pour la collectivité. Une étude du bureau de prévention des accidents a démontré en 2007 que les accidents non-professionnels, parmi lesquels les accidents de sport, coûtaient 13 milliards de francs par an, quatre fois plus si on compte les coûts économiques et sociaux.

Tous ne font pas du hors-piste, c’est sûr. Mais pour ceux-là, il faut frapper là où ça fait mal, et faire payer systématiquement tous les frais de sauvetage. Il faut aussi aggraver les sanctions pénales quand un skieur fait fi des avertissements et déclenche une coulée mortelle.

Pour prendre enfin conscience du prix du frisson.

Chrystel Domenjoz

Le nouveau fléau de la mendicité organisée

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Urs Gfeller

Il est de bon ton, dans certains milieux, de critiquer, voire de vilipender les autorités politiques. Qu’elles soient communales, cantonales ou fédérales. C’est parfois justifié, il faut bien le reconnaître. Mais il arrive aussi que les critiques soient dépourvues de tout fondement, pour ne pas dire de la plus élémentaire des pertinences. C’est le cas, par exemple, dans l’affaire des mineurs, des enfants pour la plupart, utilisés par les réseaux internationaux de la mendicité organisée.

La décision prise, récemment, par le Conseil d’Etat genevois de ne plus tolérer que des enfants puissent mendier dans les rues, a suscité des critiques aussi incompréhensibles qu’irresponsables. Comment un Etat qui se prétend civilisé peut-il accepter que des individus utilisent des enfants venus d’ailleurs, pour alimenter la filière de la mendicité, qui ressemble, à s’y méprendre, à du racket, soit à une forme d’extorsion voire de chantage pour obtenir de l’argent?

Franchement, si scandale il y a, dans cette affaire, il est clairement du côté de ceux qui défendent les PME, les petites et moyennes entreprises de la mendicité internationale, plutôt que du côté des autorités. Un Etat de droit digne de ce nom, disposant de services sociaux financés par les contribuables, se doit de sévir contre les réseaux mafieux qui cherchent à s’implanter dans les différents secteurs de l’économie, y compris dans celui de la mendicité. Genève a pris les devants. Il reste à espérer que d’autres villes, en Suisse, Lausanne, par exemple, auront le courage d’en faire de même.

Urs Gfeller

Secret bancaire : la nouvelle occasion manquée

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Pascal Jeannerat

Voilà dix mois bientôt que la Suisse a renoncé à sa distinction entre fraude et évasion fiscale. C’était déjà bien tardif, mais en dix mois la Suisse n’a hélas pas fait grand chose de cette marge de manœuvre politique et diplomatique retrouvée.

Certes il a fallu défendre l’indéfendable pour extirper UBS de l’engloutissement américain et des ravages sur l’économie suisse, défendre l’indéfendable encore en tentant de s’opposer à l’utilisation de données bancaires volées.

Mais les juristes d’Eveline Widmer-Schlumpf s’épuisent sur la quadrature du cercle, les négociateurs d’Hans-Rudolf Merz s’échinent comme à la recherche de la pierre philosophale, et l’administration semble s’employer à modéliser le mouvement perpétuel. Mais c’est vraiment aujourd’hui le mythe des Danaïdes qui s’impose à l’esprit, tant la Suisse semble ne pas savoir sortir de sa propre tragédie.

Le 13 mars dernier, on pensait que la Suisse l’avait conjurée… mais la voilà toujours tentant de remplir un tonneau qui fuit et se fissure sans cesse plus. Hier, devant les caméras allemandes, qui s’interrogent encore sur la moralité d’acheter des données bancaires volées, l’occasion était belle pour la Suisse de placer l’offensive, de parler d’où on ne l’attendait pas, de parler d’un avenir qu’elle veut choisir.

Le papier de stratégie du Conseil fédéral pour la place financière est peut-être celui des banquiers. Il n’est évidemment pas parfait, mais il a au moins le mérite d’exister. L’impôt à la source libératoire, personne n’en veut peut-être, mais c’est au moins le début d’un projet politique.

Le Conseil fédéral doit se débarrasser de ce tonneau crevé qui l’épuise et ruine son image. Il faut une véritable politique industrielle pour la Suisse, qui inclut la place financière, mais sans ne plus être faite que pour elle. Il faut entendre les clameurs du monde des PME, dont de nombreuses voix en appellent à la fin du secret bancaire aussi en Suisse. Pour rester libre et réinventer sa prospérité, la Suisse doit s’approprier sa révolution et la mener à son terme.

Pascal Jeannerat

La fin du génie suisse

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Jean-Marc Béguin

L’UDC qui n’a toujours pas digéré l’éviction de son tribun du Conseil fédéral veut donc que le peuple choisisse son gouvernement. A priori, donner du pouvoir au peuple est séduisant. Mais c’est penser court.
On peut bien sûr imaginer toutes les martingales mathématiques possibles pour assurer la représentation latine, mais la proposition des stratèges de l’UDC est le pire des casse-tête chinois jamais inventé en droit constitutionnel. Cela dit, dans une mosaïque culturelle et linguistique comme la Confédération helvétique, in fine nous ne pouvons qu’aboutir à un scrutin populaire basé sur une forme de représentation ethnique. Un monstre constitutionnel avec comme résultat des élections fondées sur des bases linguistiques, avec des Conseillers fédéraux régionaux, des sortes de « Gauleiter » ethnocentrés. Pire qu’en Belgique. Autrement dit la fin du génie suisse.
Et pour quels avantages ? J’attends toujours. En tous cas pas l’émergence de personnalités hors du commun : l’élection populaire au scrutin majoritaire avantage les plus consensuels. Et en tous cas sans garantie que le peuple choisisse mieux que les parlementaires. Dans les cantons, pour quelques femmes et hommes d’Etat au-dessus de la mêlée, les Isabelle Chassot, Pierre-Yves Maillard, Jean Studer ou François Longchamp, combien de besogneux et de pâles avatars de vrais dirigeants ? Chacun a sa petite liste… Non, l’élection par le peuple ne garantit rien. Si ce n’est une foire d’empoigne populiste et une division ethnique de la Confédération. C’est cher payé pour un peu de spectacle médiatique…Dans un pays composite comme l’est la Suisse, le gouvernement ne peut être qu’issu du parlement. Le vrai problème n’est pas le mode d’élection du Conseil fédéral, c’est la gouvernance. La réforme qui s’impose, c’est celle du gouvernement, pas de son élection.
Jean-Marc Béguin

L’amnistie fiscale jurassienne est un modèle

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Daniel Rieder

L’amnistie fiscale est un exercice difficile. Si on accorde une amnistie totale aux fraudeurs, les contribuables qui ont su rester honnêtes ont légitimement de quoi se sentir floués. Mais si, au contraire, l’amnistie n’est pas assez attractive, alors elle n’atteindra pas son but, puisqu’elle n’incitera pas les fraudeurs à se dénoncer et donc elle ne rapportera pas un sou à l’Etat.

Depuis le 1er janvier, le canton du Jura a su trouver un juste milieu. Les fraudeurs qui se dénoncent doivent payer un rappel d’impôts de plusieurs années, comme l’exige le droit fédéral, mais le taux d’imposition est attractif.

En préparant cette amnistie, l’administration fiscale jurassienne a eu la bonne idée de se glisser un instant dans la tête du fraudeur. Résultat: la procédure a été considérablement simplifiée.

Dans le Jura, le fraudeur n’échappe pas seulement à l’amende et aux poursuites pénales, comme c’est le cas ailleurs en  Suisse. Il échappe aussi à l’enquête. Ce n’est pas anodin, car une telle enquête peut durer deux ans. Il faut fournir toutes les pièces justificatives et indiquer l’origine des fonds. C’est un processus qui est lourd psychologiquement et qui peut réserver de mauvaises surprises. Bref, cette procédure ordinaire a de quoi rebuter le plus repenti des fraudeurs. Dans le Jura, rien de tout cela. Il n’y a aucune enquête. Tout ce que le fraudeur doit faire, c’est remplir une page A4. Il sait à quoi s’attendre, puisqu’il peut calculer lui-même le retard d’impôts qu’il devra payer. Il est ainsi à l’abri de toute mauvaise surprise.

Pratique pour les fraudeurs, acceptable pour les honnêtes contribuables, l’amnistie fiscale jurassienne est équilibrée. Ce pourrait être un modèle. Dommage que la Confédération ne s’en rende pas compte - du moins pas encore - elle qui cherche actuellement à lui mettre des bâtons dans les roues.

Daniel Rieder

Les Tactilo, une vaste hypocrisie

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Fabrice Gaudiano

Les jeux Tactilo sont donc un jeu de loterie, et pas des machines à sous. Un arrêt qui émane du Tribunal administratif fédéral, le TAF. A savoir la même instance qui a su si superbement démontrer dans le cadre de l’affaire UBS aux Etats-Unis à quel point la justice suisse était indépendante. Là, elle a osé remettre en cause l’accord entre Berne et Washington. Et donc être au-dessus des intérêts politico-économiques.

Dommage. Dommage qu’il y ait deux poids et deux mesures. D’autant plus que tant qu’à être partisan, le TAF aurait été mieux inspiré de se montrer complaisant vis-à-vis d’UBS et du Conseil fédéral plutôt que de la Loterie Romande.

Les Tactilo sont des machines à sous comme les autres, et pas un jeu d’adresse! C’est évident depuis toujours. Et la Commission fédérale des maisons de jeux a eu raison d’oser vouloir les bouter hors des cafés-restaurants. Alors certes, la Loterie Romande est une organisation d’utilité publique qui redistribue une bonne partie de ses bénéfices aux associations sportives, culturelles et sociales. Ce qui, soit dit en passant, est aussi le cas des casinos, mais dans une moindre mesure.

Toutefois, désolé: les Tactilos sont et restent de simples machines à sous! En déclarant hors jeu des bistrots les machines à sous en 2004, la Commission fédérale des maisons de jeu a coulé les entreprises privées et leurs emplois. Cela au nom de la santé publique et des effets pervers du jeu. Il n’y a donc aucune raison objective que les machines à sous de la Loterie Romande aient droit à un traitement de faveur. En tout cas pas au nom des arguments hypocrites des cantons et des associations qui ne cherchent qu’à protéger leur part du jackpot liée à leur monopole dans les cafés-restaurants.

Fabrice Gaudiano

PBD : l’heure de vérité

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Nicole Lamon

Sorti de la hanche de l’UDC après l’élection d’Eveline Widmer-Schlumpf au Conseil fédéral, le Parti bourgeois démocratique est à la veille de son grand oral. Agendées au 28 mars, les élections cantonales bernoises auront  valeur de test de survie pour le petit dernier de la scène politique.

Même si le PBD a multiplié les sections cantonales et s’est doté d’une communication efficace, la partie n’est pas gagnée d’avance.

Tout d’abord, un nombre pléthorique de candidats se lance dans la course. Près de 2000 personnes briguent l’un des 160 fauteuils du législatif, un record absolu pour le canton de Berne.

Ensuite, les 17 mandats actuellement détenus par le PBD n’ont qu’une légitimité relative, puisque leurs titulaires ont été élus sous la bannière UDC. Il y a fort à parier que la dissidence n’ait pas été du goût de tous leurs électeurs. Et quand on observe l’artillerie lourde déployée par l’Union démocratique du centre, qui engage Christoph Blocher et d’autres ténors nationaux pour convaincre le citoyen bernois, on se dit que le PBD devra se surpasser. 

Et puis, de nouvelles formations ont vu le jour dans le canton, susceptibles de séduire l’électorat  potentiel des bourgeois démocratiques. Même s’ils n’obtiendront pas le même succès qu’à Zurich, les Verts libéraux bernois compliqueront sans doute encore la tâche des candidats PBD.

Enfin et surtout, le départ d’Urs Gasche du Conseil d’Etat risque fort de priver le parti d’une présence gouvernementale. Il faudrait un miracle en effet pour que l’UDC échoue dans la reconquête de son 2e siège.

Bref, avant l’éviction programmée d’Eveline Widmer-Schlumpf, l’échéance bernoise devrait faire comprendre au Parti bourgeois démocratique qu’il y a décidément trop de monde au centre-droit de l’échiquier politique.
 
Nicole Lamon

Esbroufe populiste autour des enfants roms

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Pierre-Antoine Preti

Genève veut scolariser de force les enfants Roms qui mendient dans les rues. Main dans la main, le socialiste Charles Beer et la libérale Isabel Rochat autorisent les services de police et l’office de la jeunesse à intervenir. L’autorité parentale pourrait, nous dit-on, être retirée aux parents.

Parallèlement, un procès s’ouvre à Genève. Une histoire terrible. Celle d’une jeune fille battue, régulièrement ébouillantée par sa mère, puis violée par son beau-père. Il aura fallu des années et cinq constats médicaux avant que la fameuse “clause péril” soit engagée sur cette affaire. L’an dernier, sur 8500 dossiers traités par l’office de la jeunesse, seul 35 cas ont vu un changement d’autorité parentale.

Peut-être aurait-il fallu que cette fillette mendie dans la rue pour intéresser les autorités locales ?

L’utilisation de la “clause péril” pour les petits mendiants est clairement  disproportionnée. Par ailleurs, les familles Roms ne font que passer chez nous. Les scolariser, c’est les sédentariser. C’est une décision qui ne nous appartient pas et qui rappelle de mauvais souvenirs à la Suisse.

Sous le feux roulant des médias, l’office de la jeunesse et les responsables politiques pondèrent désormais la menace. Les cas seront étudiés, nous dit-on. Il y a peu de chance que la “clause péril” soit engagée concernant les petits mendiants. Bref, au final, l’affaire sent l’esbroufe populiste. Quand on y réfléchit, il ne reste aujourd’hui qu’une issue possible, un peu minable au regard de notre richesse, celle de l’exclusion des familles Roms du territoire genevois.

Pierre-Antoine Preti

Le réveil des actionnaires?

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Fabrice Gaudiano

Le moment est venu de montrer aux banques qui sont les patrons. Et les patrons, ce sont les actionnaires!

Car ne l’oublions pas: les propriétaires de toute entreprise cotée en Bourse ne sont ni la direction ni les membres du conseil d’administration: ce sont les actionnaires. A savoir des investisseurs, privés comme institutionnels, qui ont engagé leur argent dans ces sociétés.

Les actionnaires sont les principales victimes de la crise financière. Car ils ont perdu sur tous les tableaux! D’abord, la valeur de leurs actions s’est effondrée en Bourse. Ensuite leur fortune a été considérablement diluée via des augmentations de capital forcées et l’émission de nouveaux titres. Enfin, en tant que contribuables, les actionnaires ont eux aussi participé aux opérations étatiques de sauvetage des banques.

Bref, difficile, pour les actionnaires, de passer davantage à la caisse!Raison pour laquelle il serait temps qu’ils se réveillent. Car en tant que propriétaires, ils ont aussi des responsabilités. Et des responsabilités qui vont au-delà d’hypothétiques perspectives de se remplir les poches.

Il est donc grand temps que les actionnaires sortent de leur apathie et qu’ils disent non! Non aux stratégies d’entreprises dont la vision n’est basée que sur le court terme. Et non: les bonus surréalistes ne sont pas une fatalité.

Les managers des banques et autres capitaines d’industrie ne sont pas tout puissants. Comme pour Daniel Vasella obligé d’abandonner sa double casquette de directeur et président du conseil d’administration de Novartis. C’est le moment de leur rappeler que les vrais patrons, ce sont les actionnaires. Et souvent, les actionnaires c’est nous! A savoir nos caisses de pension, nos fonds d’investissement ou encore nos investissements directs.

Fabrice Gaudiano