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Signature, le blog-commentaire de la Radio suisse romande.
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La raffinerie de Cressier est à l’agonie. Le groupe Petroplus est au bord de la faillite, alors que le site neuchâtelois s’éteint, petit à petit. En silence, les installations se sont arrêtées, privées de brut. On compte sur des travaux de maintenance et le chômage partiel, en espérant un providentiel repreneur.
Et surtout, on se tait. Pour ne pas froisser la susceptibilité d’un éventuel acquéreur. Pour ne pas être celui qui fera les frais d’une probable restructuration. Parce que les syndicats n’ont pas les moyens d’entrer dans cette forteresse qu’est devenue la raffinerie.
On se tait, car l’autonomie énergétique de la Suisse n’est pas menacée. On se tait car « ici, ce n’est pas comme en France, on travaille en coulisse ». Seul le chef neuchâtelois de l’économie s’agite, distillant son éternel optimisme.
Mais un ministre cantonal est bien seul, comme l’a rappelé le vaudois Philippe Leuba au sujet de Novartis: un canton isolé ne joue pas dans la même catégorie que les multinationales. C’est l’addition des forces qui fait pencher la balance. Et l’appui des manifestants et de l’opinion publique. Comme à Prangins.
Bien sûr, chaque cas est différent. Petroplus n’est pas Novartis et le raffinage n’est pas la pharma. Mais l’image compte, et même pour les grands groupes, il est intéressant d’être un sauveur.
Il est donc malheureux de voir se répéter l’erreur de Xamax. « On ne peut rien faire », a-t-on martelé pendant des mois au sujet du club aujourd’hui quasi disparu. Inutile donc d’attendre que Cressier soit cliniquement morte pour venir scander son indignation. Il n’est peut-être pas définitivement trop tard pour réagir. Et même si une mobilisation de dernière minute n’aboutit pas. Même si Cressier finit aussi par rendre l’âme, les Neuchâtelois auront au moins la fierté de dire « on a tout essayé ».
Anouk Henry
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Mark Muller doit-il démissioner? La question agite toute la République depuis que l’affaire de ses frasques en boîte de nuit a éclaté? Doit-il partir de lui-même ? Doit-il annoncer qu’il ne se représentera pas? Tout le monde a bien sa petite idée là-dessus, mais chacun se garde de le dire haut et fort. Tout au plus s’y risque-t-on sous forme d’interrogation.
Il faut dire que les messages de son propre parti sont aussi sybillins que l’oracle de Delphes. Officiellement, le PLR soutient son magistrat tout en lui tapant publiquement sur les doigts pour son comportement déplacé! Et pour jouer la montre, il s’en remet hypocritement aux conclusions de l’enquête en cours. Comme si cette enquête était déterminante! Elle ne changera rien du tout! Car en réalité, et quelle que soit la manière dont on appréhende les choses, c’est le blocage!
En cas de démission, le temps que le nouvel élu prenne ses marques, et ce sera déjà la fin de la législature. Et s’il s’accroche au pouvoir, sa crédibilité en a pris un tel coup qu’on ne voit pas bien ce que ce magistrat pourra encore faire avancer dans son méga-département!
Mais que les Genevois se rassurent, ils n’ont plus que deux ans à attendre jusqu’aux prochaines élections. D’ici là, les 2’500 nouveaux logements par an resteront à l’état de promesse, la traversée du lac sera toujours en rade et Genève continuera de se faire déborder par cette croissance que pourtant beaucoup nous envient. Alors oui, la démission n’est certainement pas la solution à tout, mais elle aurait au moins le mérite de clarifier les choses. A un autre niveau, un Philipp Hildebrand, éthiquement mais éthiquement fautif seulement, a dû partir. L’hypocrisie c’est de temporiser.
Sylvie Belzer
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Bien sûr elles ont eu cette faiblesse-là. Croire qu’une bonne paire de seins suffit à combler une existence sans relief, à booster une confiance en déclin. Autrefois, voyez-vous, on vérifiait la qualité des dents, depuis les années 80 la réussite féminine est affaire de chair: la femme qui gagne avance le poitrail bombé.
L’industrie chirurgicale n’a pas démérité, fourrant des seins à la chaine, jusqu’au jour, où – paf – les poches du succès, telle une bulle spéculative, ont éclaté. On peut alors bien s’esclaffer devant des milliers de paires de seins qui se dégonflent, ce qui a vraiment explosé avec l’affaire PIP, c’est un énorme scandale sanitaire, une incroyable escroquerie médicale.
Pendant plus de 20 ans, l’ex-patron de Poly Implant Prothèse embobine ses salariés, les inspecteurs sanitaires et les chirurgiens esthétiques des 4 coins du monde. Son gel maison était en réalité non homologué, de surcroît nocif.
La France en pleine campagne électorale – encore sous le choc de l’affaire médiator – réagit vite et bien. Tout retrait de prothèse PIP est remboursé, point barre. Il en va tout autrement en Suisse. Fin décembre, Swissmedic publie des «recommandations». Affirme qu’aucune découverte scientifique ne lie ces prothèses à des cancers, et que toutes les PIP ne sont pas vouées à éclater. Conséquence: pas de remboursement systématique.
Les études scientifiques ont bon dos. Car ce qui se cache derrière la position de swissmedic c’est un système de valeur insidieux, l’idée persistante que certaines victimes sont plus dignes que d’autres. Et que si ces femmes-là sont des victimes, ce n’est que de leur bêtise.
Au nom de l’égalité de traitement, au nom de la lutte contre les stéréotypes qui touchent systématiquement les mêmes catégories de personnes, une posture un peu plus courageuse des autorités suisses les aurait grandies de… quelques centimètres.
Nathalie Ducommun
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Après leur fulgurante envolée sauvage, lors des dernières élections fédérales, les Verts libéraux pourraient bien désormais découvrir le vol en rase mottes !
Avec le décollage, en octobre dernier, les Verts libéraux sont devenus d’un seul coup des acteurs de poids au centre de l’échiquier. Leur message a touché juste : ni à droite ni à gauche. Et le sous-titre est très tendance : une vision écologique et un libéralisme éclairé. Franchement, dit comme ça, ça sonne plutôt bien, dans une période où la finance est mise sur la sellette et le renouvelable en passe de devenir une religion !
Mais comme en psychanalyse, il y a le principe de plaisir et le principe de réalité. Premier réveil un peu douloureux pour la Suisse romande, le président du parti, le chimiste Martin Bäumle, ne sort pas beaucoup de son laboratoire politique alémanique.
Certes, les sections romandes sont encore jeunes. Mais cela ne devrait pas les cantonner dans un silence profond sur les questions d’actualité. Car sur les affaires : rien. Sur l’éthique des affaires : rien non plus. Sur les forfaits fiscaux, la mobilité, etc.. : silence radio. Le seul bruit que les Verts libéraux ont produit est celui lié à leur débat sur l’opportunité de s’allier ou non avec l’UDC lors des élections vaudoises.
Bref, il est temps pour les Verts libéraux de faire émerger des idées, une stratégie et des actes. De réunir sous leur bannière des esprits forts, des personnalités de tous bords, d’envergure. En un mot : de montrer leur différence.
Il n’y a pas encore le feu dans la maison Verte libérale, juste le début d’une petite fumée qui nous fait un peu tousser.
Patrick Nussbaum
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